PME au sens communautaire : trois seuils et l’actionnariat à vérifier

PME au sens communautaire : trois seuils et l’actionnariat à vérifier

La qualification de PME au sens communautaire ne dépend pas seulement de la taille apparente d’une société. Pour être reconnue comme telle au regard du droit de l’Union européenne, une entreprise doit respecter un seuil d’effectif et au moins un plafond financier. Son actionnariat et ses liens avec d’autres sociétés peuvent aussi modifier le calcul. Cette vérification peut conditionner l’accès à une aide publique, à un crédit d’impôt ou à un dispositif d’innovation.

La définition européenne d’une PME tient compte de l’environnement économique

La PME au sens communautaire, également appelée PME au sens européen, est définie par l’Annexe I du règlement (UE) n° 651/2014. Cette définition concerne les petites et moyennes entreprises qui exercent une activité économique, quelle que soit leur forme juridique. Une société commerciale, une entreprise individuelle ou certaines structures associatives peuvent donc être concernées si elles remplissent les conditions applicables.

Quiz : Qualification de PME européenne

Cette notion ne correspond pas nécessairement aux catégories utilisées dans le langage courant ou dans les statistiques françaises. Elle répond à un objectif réglementaire : déterminer si une entreprise peut relever de règles européennes destinées aux structures qui ne disposent pas de la puissance économique d’un grand groupe.

Le calcul ne porte donc pas toujours sur les seuls comptes de la société qui sollicite un avantage. Les liens capitalistiques, les droits de vote et le contrôle exercé par d’autres entreprises peuvent élargir le périmètre retenu. Une société de 30 salariés peut ainsi ne pas être considérée comme une PME si elle appartient, directement ou indirectement, à un ensemble beaucoup plus important.

Les 3 seuils à vérifier pour être une PME

Pour relever de la définition européenne, une entreprise doit employer moins de 250 personnes et respecter au moins l’un des deux plafonds financiers. Le chiffre d’affaires et le total de bilan ne sont donc pas des conditions cumulatives. L’un des deux suffit, à condition que le critère d’effectif soit également respecté.

Définition officielle européenne des PME : Consultez les critères européens fondés sur les effectifs, le chiffre d’affaires et le total du bilan pour identifier une PME ou une petite entreprise de taille intermédiaire.

Critère Seuil applicable Nature de la condition
Effectif Moins de 250 personnes Condition obligatoire
Chiffre d’affaires annuel Inférieur à 50 millions d’euros Alternative financière
Total de bilan annuel Inférieur à 43 millions d’euros Alternative financière

Effectif : une appréciation sur une base annuelle

L’effectif est calculé sur une base annuelle. Il ne suffit donc pas de compter les salariés présents le jour du dépôt d’une demande d’aide. L’entreprise doit retenir les données pertinentes de son dernier exercice comptable clos. Elle doit aussi tenir compte de l’évolution de sa situation, notamment en cas de croissance rapide, de recrutement massif ou d’intégration de personnel à la suite d’une acquisition.

Chiffre d’affaires ou bilan : une alternative financière

Une entreprise de 180 personnes qui réalise 55 millions d’euros de chiffre d’affaires peut encore être une PME si son total de bilan annuel reste inférieur à 43 millions d’euros. À l’inverse, un bilan supérieur à ce plafond ne l’exclut pas si son chiffre d’affaires annuel demeure inférieur à 50 millions d’euros.

Cette règle permet de tenir compte de modèles économiques dont la structure financière est particulière. Le critère financier retenu doit toutefois être apprécié avec les données des entreprises partenaires ou liées lorsque la structure du groupe l’impose.

Pourquoi 25 % du capital ou des droits de vote peut modifier le calcul

Le seuil de 25 % du capital ou des droits de vote sert notamment à déterminer si une entreprise peut être considérée comme autonome. Il faut examiner les participations directes et indirectes, mais aussi les droits de vote et les situations de contrôle. Une lecture limitée à l’extrait Kbis ou aux comptes de la société ne suffit pas toujours.

Entreprise autonome, partenaire ou liée : trois périmètres de calcul

  • Entreprise autonome : elle ne détient pas, et n’est pas détenue, à hauteur de 25 % ou plus par une autre entreprise, sous réserve des conditions et exceptions prévues par les textes. Ses propres données constituent en principe la base du calcul.
  • Entreprise partenaire : une participation comprise entre 25 % et 50 %, sans contrôle, caractérise généralement cette situation. Les données de l’entreprise partenaire sont alors prises en compte proportionnellement au pourcentage de participation ou de détention.
  • Entreprise liée : une détention majoritaire, une majorité des droits de vote ou une influence dominante peut créer un lien. Les données des entreprises liées sont alors intégrées à 100 % dans l’appréciation des seuils.

Avant de conclure à l’autonomie d’une entreprise, il faut donc remonter les chaînes de détention, examiner les droits de vote particuliers et vérifier les accords qui donnent à un actionnaire un pouvoir réel. Cette analyse permet de distinguer l’entité juridique de la réalité économique du groupe auquel elle appartient.

Un exemple de calcul proportionnel

Une société A emploie 90 personnes et détient 30 % de la société B, qui en emploie 200. Si A et B sont des entreprises partenaires, A doit ajouter 30 % des données de B à ses propres données. Elle intègre donc 60 personnes supplémentaires à son effectif de 90 personnes, soit un effectif de référence de 150 personnes, avant l’examen d’éventuelles autres participations.

Si B était une entreprise liée, les 200 personnes seraient prises en compte intégralement. Le même raisonnement peut concerner le chiffre d’affaires et le total de bilan retenus pour l’appréciation des seuils.

Certains investisseurs peuvent relever d’exceptions prévues par la réglementation, notamment selon leur nature et l’absence de contrôle. La présence d’une société de capital-risque, d’un investisseur institutionnel ou d’un organisme public au capital ne permet donc pas de conclure automatiquement. Dans les montages complexes, les statuts, les pactes d’actionnaires et les droits de vote doivent être examinés avec le pourcentage de capital détenu.

À quel moment une entreprise perd-elle sa qualité de PME ?

Les seuils sont généralement appréciés à partir du dernier exercice comptable clos. Un dépassement isolé ne provoque pas nécessairement la perte immédiate de la qualité de PME. Lorsque les seuils sont dépassés pendant deux exercices consécutifs, l’entreprise peut perdre ce statut. La même logique peut permettre de retrouver la qualification après deux exercices consécutifs sous les seuils.

Cette règle ne signifie pas qu’il faut attendre la clôture suivante pour analyser une opération. Une fusion, une acquisition, une cession de titres ou une réorganisation de groupe peut modifier rapidement le périmètre d’appréciation. L’opération peut transformer une entreprise autonome en entreprise partenaire ou liée, et faire varier l’effectif, le chiffre d’affaires ou le bilan pris en compte.

Avant de signer une opération capitalistique ou de déposer un dossier, il est préférable de documenter la structure de détention à la date pertinente. Les éléments à réunir comprennent les comptes du dernier exercice clos, les effectifs annuels, le tableau de capitalisation, les participations directes et indirectes ainsi que la répartition des droits de vote.

Utiliser la qualification de PME sans confondre les dispositifs

La qualité de PME au sens communautaire peut conditionner l’accès à certaines aides d’État, subventions, financements publics de l’innovation ou avantages fiscaux. Elle peut notamment être examinée dans des dispositifs tels que le statut de jeune entreprise innovante, le crédit d’impôt innovation, le crédit d’impôt recherche ou le crédit d’impôt pour investissements en Corse.

Cette qualification ne donne toutefois pas automatiquement droit à une aide. Chaque mécanisme prévoit ses propres critères : nature des dépenses, activité éligible, régime fiscal, localisation, date de réalisation de l’investissement ou obligations déclaratives. Être une PME constitue une première condition. Il faut ensuite vérifier toutes les exigences du dispositif visé.

Pour sécuriser une demande, procédez en quatre étapes :

  1. contrôlez l’effectif, le chiffre d’affaires et le total de bilan du dernier exercice clos ;
  2. identifiez les actionnaires détenant 25 % ou plus du capital ou des droits de vote ;
  3. recherchez les liens de contrôle direct ou indirect avec d’autres entreprises ;
  4. conservez les justificatifs et comparez la qualification obtenue avec les règles propres à l’aide sollicitée.

En cas de doute sur une chaîne de détention, un pacte d’actionnaires ou une opération de fusion-acquisition, l’avis d’un expert-comptable, d’un conseil fiscal ou d’un conseil juridique peut éviter une déclaration inexacte. Pour approfondir la doctrine fiscale française applicable à certains crédits d’impôt, la rubrique dédiée du BOFiP constitue également un point de référence utile.

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